CNIDE - KNIDOS - CNIDUS
Une
superbe route panoramique qui domine le Golfe
d'Hisarönü relie Marmaris à Datça et permet
d'atteindre ce site antique. Située à la pointe de la
presqu'île de Datça (cap Krio) dans un magnifique cadre
naturel, Cnide (Cnide), une cité d’origine dorienne en
Carie, faisait partie de la Confédération
Dorienne avec Halicarnasse, Cos située sur
l’île du même nom, Camiros, Lalysos et Lindos toutes
trois situées sur l’île de Rhodes. Ensemble elles
formaient l’Héxapole, en grec les "six cités". Celui-ci
devint le Pentapole ou "les cinq cités" lorsque
Halicarnasse fut exclue de la confédération car l'un de
ses citoyens, Agasiclès, avait négligé de donner en
offrande à Apollon le tripode qu’il avait gagné aux jeux
de l’Héxapole. Les cités avaient un sanctuaire en
commun, un temple dédié à Apollon appelé le Triopion
situé sur le promontoire sur lequel se trouvait Cnide.
Au VIe siècle av.J.C, Cnide était déjà une cité prospère
et au IVe siècle av. J.C., elle était devenue une
importante métropole cosmopolite. C'est durant cette
période que les sculpteurs de renom Scopas et Bryxias
travaillèrent à l'embellissement des nombreux temples de
la cité. Epargnée par les Perses, disputée par les
Athéniens et les Spartiates, elle fut occupée par
Alexandre en 333 av. J.C.. Ce fut durant la période
hellénistique (330-31 av. J.C.) que Cnide atteignit son
apogée culturel, artistique et commercial.
Vers
350 av J.C. Praxitèle sculpta deux
statues, l’une drapée et l’autre nue de la déesse de
l’amour et de la beauté, Aphrodite. Le modèle qui posa
pour Praxitèle était Phryne, une des plus célèbres
“hetaerae”, ou courtisanes, de l’époque. Cos préféra la
version drapée donc plus décente, alors que Cnide fit
l’acquisition de la statue dédaignée de l’Aphrodite
Nue, la première statue de nu féminin de la
sculpture classique, dont la renommée assura
l'immortalité de la cité. On ne connaît malheureusement
que des copies de la statue de la déesse qui était
exposée dans son temple. La description qui suit est
tirée des “Amores”, attribuées au rhétoricien, satiriste
et voyageur Lucien de Samosate
(Samosate/ Commagène vers 125 – ? vers 192), et loue
avec passion la statue :
« Nous nous
arrêtâmes à Cnide, au Temple d’Aphrodite (Venus), où se
trouve la célèbre statue faite par Praxitèle. Lorsque
nous pénétrâmes dans l’enceinte du temple, nous
ressentîmes l’ haleine caressante de la déesse nous
envelopper. Le temple n’ avait pas été rendu stérile par
des dallages mais représentait la fertilité comme il
sied à Aphrodite. Les arbres fruitiers s’élevaient
partout, formant une voûte dense. La myrte, son essence
favorite, déployait ses branches chargées de
baies.....Au milieu du temple se tenait la déesse – une
superbe statue en marbre de Carie – laissant échapper un
sourire légèrement hautain par ses lèvres entrouvertes.
Son corps nu dévoilait et révèlait toute sa beauté, à l’
exception de ses parties intimes que cachait sa main.
L’artiste, qui possédait une telle maîtrise de son art,
avait réussi à rendre parfaitement chaque partie du
corps dans le marbre dur.....Le temple avait deux
entrées sur chaque côté pour ceux qui désiraient aussi
examiner la déesse par l’arrière, ne manquant ainsi
aucune partie de son corps. Quiconque pouvait donc
facilement admirer la beauté de son dos. Ainsi nous
décidâmes de découvrir entièrement la déesse. Lorsque la
gardienne des lieux nous ouvrit la porte arrière, nous
fûmes transportés par la beauté qui s’offrait à nous. »
Eudoxos, le fameux astronome et mathématicien
élève de Platon et inventeur du cadran solaire
horizontal, Ctesias le physicien qui
séjourna à la cour du roi perse Artaxersès et qui
écrivit "l’Histoire des Perses" et "l’Histoire de
l’Inde", et Sostratos, l’architecte du
célèbre Phare d'Alexandrie (une des Sept Merveilles du
Monde) étaient tous originaires de la cité. Comme à Cos
(où naquit Hippocrate), à Cnide se trouvait une école de
médecine réputée.
En 129 av.J.C., Cnide fut
rattachée à la province romaine d'Asie mais reçut le
statut de "cité libre". Durant la période byzantine,
Cnide souffrit beaucoup des invasions arabes et plus
tard, de plusieurs tremblements de terre dévastateurs.
La cité était construite en partie sur le continent et
en partie sur l’Ile de Tropion qui étaient anciennement
reliés par une chaussée et un pont, et aujourd’hui par
un isthme sablonneux étroit. Un canal reliait les
deux bassins du port. Le bassin sud, qui était
le plus grand, fut plus tard protégé par de puissants
môles .
Les
remparts hellénistiques, à la fois
insulaires et continentaux, sont visibles à différents
endroits, notamment autour de l’acropole.
Les ruines de la ville qui s’élevait en terrasses
sur les flancs des collines, sont constituées par
l’agora, le théâtre de la ville haute et le théâtre de
la ville basse, l’odéon, Le Temple Circulaire (le
Temple d’Aphrodite), le Temple de Dionysos,
le Temple d'Apollon, le Temple
de Demeter. La Statue de Demeter,
découverte lors des fouilles exécutées par Sir Charles
Newton en 1857-1858, fut envoyée au British Museum ainsi
que la Statue Colossale du Lion,
sculptée dans un seul bloc de marbre pentélique, qui
couronnait le toit pyramidal d’un mausolée situé à 3 km
au sud-est de la ville.
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Port principal de commerce |
Le théâtre Hellénistique de
la ville basse dominait le grand port, alors
que l'autre théâtre était situé dans la ville
haute. |
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La ville était construite sur
les flancs des collines en terrasses
s'étageant jusqu'à la mer |
Ruines du Temple d'Apollon et
du Grand Autel. Le port militaire à
l'arrière plan. |
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Le Temple Circulaire abritait
la statue d'Aphrodite. La cella du Temple
Circulaire (Tholos) était entourée de
colonnes couronnées de chapitaux corinthiens. |
La stoa, un long portique couvert,
bordait une rangée de magasins.
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